Présenter une demande d’admission aux études supérieures
Une fois que vous avez décidé de poursuivre des études supérieures, vous devez entreprendre le processus de demande d’admission. Ce chapitre donne des conseils pratiques pour présenter une demande d’admission à un programme d’histoire au Canada. Certaines de nos suggestions s’appliquent aussi aux études supérieures à l’étranger, mais il ne faut pas oublier que le processus d’admission est différent dans les universités américaines, britanniques, françaises et autres. Ainsi, au Canada, l’admission à la maîtrise et au doctorat fait habituellement l’objet de demandes distinctes, bien que certaines universités offrent l’admission directe au programme de doctorat (les étudiants sans maîtrise sont admis directement au doctorat). Aux États-Unis, par contre, la plupart des étudiants présentent une seule demande d’admission à un programme de maîtrise/doctorat conjoint. Certaines universités américaines offrent aussi un programme terminal de maîtrise, mais elles accordent rarement une aide financière pour ce diplôme.
Prévoyez beaucoup de temps pour décider où vous voulez étudier et pour préparer votre demande d’admission. Il est particulièrement important d’entreprendre cette démarche assez tôt si vous souhaitez vous inscrire à un programme d’études supérieures à l’étranger. Contrairement aux universités canadiennes, nombre d’universités américaines exigent que les candidats réussissent le test GRE (Graduate Record Examination). Il s’agit d’une épreuve coûteuse à laquelle il faut s’inscrire longtemps à l’avance et qui demande une préparation importante. Peu importe le lieu visé, vous devriez amorcer le processus de demande d’admission à l’automne de l’année qui précède l’année d’inscription désirée. Bien que les dates limites pour présenter une demande d’admission varient, la plupart se situent entre novembre et janvier. Les dates limites pour l’aide financière peuvent être différentes; assurez-vous de ne pas les rater.
La plupart des universités annoncent les admissions en mars ou en avril, bien qu’un nombre croissant acceptent leurs candidats les plus prometteurs plus tôt. Une fois que vous aurez une offre d’admission, n’hésitez pas à communiquer avec les universités dont vous n’avez pas reçu de nouvelles pour tenter de négocier les meilleures conditions financières possibles.
Rassembler l’information et obtenir les formulaires de demande d’admission
La première étape du processus consiste à décider où présenter une demande d’admission. Ne fondez pas votre décision seulement sur le prestige de l’université. Le classement d’un programme d’études supérieures en histoire a autant à voir avec la réputation du département et de certains membres du corps professoral qu’avec l’université dans son ensemble. Si vous admirez particulièrement les travaux d’un chercheur, essayez de découvrir où cette personne enseigne.
Parcourir les sites Internet des départements d’histoire constitue un excellent point de départ. Vous y trouverez des renseignements sur les cours, sur le corps professoral et, de plus en plus, sur les étudiants inscrits aux études supérieures. Les sites Internet mentionnent souvent les recherches en cours des professeurs; rappelez-vous toutefois que certains de ces renseignements peuvent dater. Dans le doute, communiquez directement avec le professeur concerné et renseignez-vous sur ses projets en cours. Les sites Internet des départements indiquent aussi les cours offerts, de même que les conditions d’admission, les diplômes, les droits de scolarité et les exigences pour recevoir de l’aide financière. Les comités d’admission aux études supérieures aiment bien les demandes émanant de candidats qui connaissent les cours offerts par le département et les domaines de recherche du corps professoral.
Vos professeurs de premier cycle peuvent vous être utiles pour choisir un département pour vos études supérieures. Demandez-leur quelles universités, à leur avis, offrent les meilleurs programmes, compte tenu de vos intérêts et de vos aptitudes, et voyez s’ils seraient disposés à intercéder pour vous auprès des personnes qu’ils connaissent dans ces universités. N’hésitez pas à demander conseil aux professeurs de votre université même si vous n’avez pas suivi leurs cours. Leurs conseils seront d’autant plus utiles s’ils ont étudié à l’université que vous souhaitez fréquenter. Certains professeurs parleront franchement des points forts et des points faibles d’un département ou de professeurs particuliers. D’autres parleront peut-être à mots couverts. Prêtez une oreille attentive aux indications concernant la vie du département ou les conflits de personnalités : vous ne voudriez pas vous retrouver dans une université où les deux personnes avec lesquelles vous comptez travailler ne se sont pas adressé la parole depuis une décennie! Ne consultez pas seulement vos professeurs; cherchez à découvrir autant de détails que possible au sujet d’une université en utilisant une variété de sources.
Pour demander l’admission à un programme d’études supérieures, vous devez vous procurer les formulaires appropriés. La plupart des demandes d’admission aux universités canadiennes et américaines peuvent être soumises par voie électronique. Par conséquent, vous pourrez trouver tous les formulaires en ligne. En revanche, dans le cas des établissements outre-mer, vous devrez peut-être écrire à l’université afin d’obtenir un formulaire imprimé. Là encore, vous trouverez ce renseignement sur le site Internet du département. Adressez votre demande au directeur des admissions aux études supérieures ou au département d’histoire si vous ne pouvez trouver le nom d’un responsable. En réponse, vous recevrez une trousse contenant le formulaire et de l’information. C’est alors que commence le véritable travail.
Que rechercher dans un programme et dans un département
Vous passerez plusieurs années aux études supérieures, surtout si vous étudiez en vue du doctorat. Vous devez donc vous renseigner le plus possible sur le département d’histoire et les programmes connexes, de même que sur l’université proprement dite. Les membres du corps professoral, les cours et séminaires, les ressources de la bibliothèque, les installations informatiques, les conditions de l’aide financière, les services de santé et de consultation psychologique, les installations pour personnes handicapées et l’emplacement de l’université sont tous des facteurs importants à considérer avant de décider où présenter sa demande. Obtenez le plus de renseignements possible sur les exigences formelles du programme et leur degré de flexibilité. Vos séminaires doivent-ils se limiter au domaine de l’histoire ou pouvez-vous suivre des cours hors du département ou dans une université voisine? Quelles sont les exigences linguistiques (langues secondes et tierces, examens, cours de mise à niveau, etc.)?
Il importe de trouver un programme dans lequel vos intérêts correspondent aux points forts du département, et dans lequel vous avez envie de travailler avec des professeurs qui sont disposés à travailler avec vous. Si vous admirez particulièrement les travaux d’un historien, cherchez à savoir où cette personne enseigne. Consultez les livres rédigés par d’autres membres de son département et renseignez-vous sur les sujets des thèses en cours ou récemment soutenues. Les thèses produites dans un département reflètent les intérêts de son corps professoral et de ses étudiants, ainsi que les ressources disponibles pour la recherche. Les thèses récemment soutenues sont souvent mentionnées sur le site Internet du département. On peut les retrouve aussi dans le Répertoire des thèses en cours de la Société historique du Canada et dans le Directory of History Dissertations de l’American Historical Association.
Si un programme spécial vous attire au sein du département visé, comme l’histoire de l’environnement ou l’histoire de la médecine, tâchez de savoir si celui-ci est solidement établi et si tous les étudiants en histoire peuvent y suivre des cours, ou bien s’il faut présenter une demande d’admission séparée au programme. Si vous prévoyez devoir travailler étroitement avec un ou deux membres du corps professoral en particulier, cherchez à savoir s’ils travaillent régulièrement avec des étudiants diplômés et renseignez-vous sur leur situation en tant qu’enseignants. Les professeurs peuvent prendre un congé sabbatique, réduire leur charge d’enseignement pour s’adonner à des tâches administratives, changer de campus ou prendre leur retraite. Si votre intérêt pour un programme particulier repose surtout sur un membre du corps professoral, déterminez s’il y a un autre professeur prêt à prendre la relève et avec qui vous pourrez travailler s’il devait partir. Cette question est particulièrement importante lorsque vous vous apprêtez à choisir parmi les universités qui vous ont accepté. Déterminez quelles sont les ressources à la disposition des étudiants diplômés, car elles sont le signe de l’engagement du département ou de la faculté envers la recherche et l’enseignement supérieur. La bibliothèque possède-t-elle une grande quantité de volumes dans votre domaine? Y a-t-il des sources pertinentes dans les archives universitaires? Y a-t-il des bourses pour les voyages de recherche des étudiants diplômés? Des programmes interdisciplinaires spéciaux? Quelles sont les installations et les ressources informatiques? Existe-t-il une salle commune où les étudiants diplômés peuvent socialiser? L’association des étudiants diplômés est-elle dynamique? Quelles installations et quels services de soutien sont à la disposition des étudiants qui ont des besoins particuliers?
Vous devez aussi vous renseigner sur les doits de scolarité et l’aide financière, car ceux-ci varient considérablement d’une université à l’autre, et même d’un département à l’autre. Sachez si l’aide financière est distribuée par l’entremise du département ou si vous devez présenter une demande séparément à un autre service de l’université. Voici quelques questions importantes à poser : l’aide financière s’applique-t-elle seulement à la première année ou couvre-t-elle les années subséquentes des études supérieures (le cas échéant, combien d’années)? Devez-vous payer les droits de scolarité de votre poche ou font-ils partie de votre enveloppe de financement? Devez-vous payer des droits de scolarité pendant l’été et lorsque vous êtes en rédaction de thèse et que vous ne suivez plus de séminaires? Le programme d’aide financière exige-t-il que vous travailliez comme auxiliaire de recherche ou d’enseignement (ou à un autre titre), ou s’agit-il d’un octroi pur et simple? Est-il assujetti à votre rendement scolaire? Y a-t-il un financement supplémentaire pour les voyages de recherche en archives ou pour assister à des conférences? Certaines universités ont des systèmes de financement garanti pour les étudiants au doctorat, mais l’aide est souvent conditionnelle à ce que l’étudiant présente une demande de financement auprès d’organismes extérieurs comme le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, le régime des bourses d’études supérieures de l’Ontario (BESO/OGS) ou le Fonds québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC). Le fait d’être en lice pour une bourse extérieure importante ne fera que renforcer votre candidature. Pour plus de détails sur ces questions, consultez le chapitre 3.
.Les étudiants canadiens sont souvent stupéfaits en constatant les droits de scolarité élevés des universités américaines. Que cela ne vous empêche pas de présenter une demande. La plupart des universités offrent des enveloppes de financement généreuses aux étudiants prometteurs, et certaines réservent même des bourses spécialement pour les étudiants de couleur ou associés à des groupes ethniques particuliers. Comme les conditions de l’aide financière varient d’une université à l’autre, vous devriez parler des possibilités de financement avec le coordonnateur des études supérieures du département. Lorsque vous recevez une offre, tenez compte à la fois de l’aide financière offerte et de la qualité du programme. Autant que possible, n’allez pas simplement vers l’établissement qui vous propose le plus d’argent. Une école qui offre moins d’argent pourrait bien avoir un taux supérieur de placement des diplômés ou mieux répondre à vos besoins.
Même si la plupart des programmes d’aide financière exigent que vous soyez inscrit à temps plein, certaines personnes poursuivent leurs études supérieures à temps partiel pour des raisons économiques ou personnelles. Être étudiant à temps partiel ne signifie pas que vous êtes moins engagé à l’égard des études supérieures. Les étudiants à temps partiel ont tout autant droit à l’éducation que les étudiants à temps plein. D’ailleurs, « temps plein » ne signifie pas « tout le temps ». Beaucoup d’étudiants à temps plein ont des obligations familiales, occupent un emploi rémunéré à un moment ou l’autre de leurs études supérieures ou s’adonnent à des activités militantes ou bénévoles hors du milieu universitaire.
Les études supérieures nécessitent toutefois un engagement ferme. Il n’est pas facile de suivre des séminaires et de préparer un examen lorsqu’on doit effectuer de longs déplacements ou pointer au travail, et il est encore plus difficile (mais non impossible) de réussir à rédiger une thèse à temps partiel. Vous ne pourrez pas obtenir un doctorat dans vos temps libres si vous avez déjà une vie bien remplie dans une autre ville ou une carrière exigeante. De plus, vous risquez de vous priver de la vie intellectuelle de l’université si vous en êtes absent pendant le jour. Les étudiants à temps partiel doivent déployer des efforts particuliers pour rompre leur isolement et fréquenter d’autres étudiants.
L’emplacement de l’université peut aussi influencer votre choix. Êtes-vous une personne habituée à la grande ville ou préférez-vous vivre dans une petite localité? Êtes-vous plus à l’aise dans un milieu ethnique et culturel diversifié? Certains étudiants ne peuvent changer de lieu de résidence, d’autres sont limités aux universités situées près de leur famille ou dans une ville où il y a des possibilités d’emploi pour leur partenaire; d’autres enfin n’ont aucune objection à vivre où que ce soit, pourvu qu’il y ait une bibliothèque tout près. Si vous ne pouvez déménager, il se peut que vous vous retrouviez avec plusieurs diplômes décernés par le même établissement. Les opinions sont partagées quant à savoir si posséder plusieurs diplômes d’une même université peut constituer un problème pour votre carrière. Il est nettement plus avantageux de travailler avec plusieurs professeurs dans plus d’une université, sans compter que fréquenter la même petite université pourrait rendre la sélection des cours difficile. Les cours que vous avez suivis à la fin du premier cycle ou dans le programme de maîtrise de votre département ne peuvent probablement pas être répétés pour votre doctorat. Si vous comptez faire votre doctorat dans l’établissement où vous avez fait vos études de premier cycle, vous devriez songer à faire votre maîtrise ailleurs. Mais ne vous en faites pas si c’est impossible. Dans une large mesure, les études supérieures, et votre carrière d’historien, seront ce que vous en ferez.
N’hésitez jamais à écrire ou à téléphoner au département pour obtenir d’autres renseignements. Si possible, prenez un rendez-vous préliminaire sur le campus avec le coordonnateur des études supérieures. Demandez au secrétariat de vous donner le nom des étudiants inscrits au programme. Ces derniers vous fourniront probablement une évaluation plus franche des points forts et des points faibles du programme que ne le fera le secrétariat du département d’histoire! Nombre de départements organisent des colloques pour les étudiants diplômés. Leurs programmes vous donneront une idée des intérêts de recherche des étudiants, et si vous pouvez assister au colloque, vous pourriez faire la connaissance de vos futurs collègues.
Il existe une stratégie importante pour trouver le bon programme de doctorat et le bon directeur, et en même temps peut-être accroître vos chances d’admission : c’est de communiquer avec des membres du corps professoral avant même de présenter une demande officielle. Envoyez un courriel à votre éventuel directeur de thèse en lui fournissant des détails sur votre formation et vos intérêts de recherche et faites-lui part du sujet que vous aimeriez explorer au cours de vos recherches. Même si vous n’avez pas une idée claire de votre projet, vous pourriez économiser beaucoup de temps et d’argent en découvrant si les professeurs s’intéressent à votre candidature. Si vous leur faites voir que vos intérêts de recherche et les leurs sont compatibles, vous franchirez peut-être un premier pas important. Rappelez-vous toutefois que leur intérêt pour vous ne vous donne pas automatiquement accès au programme; mais il peut vous aider en ce sens.
Contrairement aux facultés de droit, les départements d’histoire ne reçoivent pas des milliers de demandes d’admission. Par conséquent, essayez de restreindre votre choix avant d’envoyer vos demandes. Chaque demande soumise vous coûtera bien au-delà de cent dollars, surtout si l’on tient compte du coût des relevés de notes. Présentez plusieurs demandes, mais rappelez-vous que les bons candidats seront habituellement admis dans l’une des universités qui les intéressent le plus. Une bonne méthode consiste à choisir deux ou trois programmes qui vous intéressent le plus, y compris un « département sûr » surtout si vous avez communiqué d’avance avec vos directeurs de thèse éventuels.
La demande d’admission
Comme les directives pour présenter une demande d’admission varient d’un établissement à l’autre, vous devez les lire attentivement. Il y a tellement de formulaires et d’échéances différents qu’il importe de constituer un dossier organisé, autrement vous serez vite submergé. Conservez toute la documentation relative aux demandes dans un dossier. Sur la couverture intérieure, inscrivez les exigences de chaque établissement et votre progression dans le processus de demande. Faites des photocopies de tous les documents que vous envoyez.
Soumettez les demandes bien à l’avance, surtout si vous le faites par voie électronique, et conservez une preuve de votre envoi ainsi que son numéro de référence. Dès que votre demande parvient à l’université, elle devient un dossier (formé de votre lettre de présentation, de votre échantillon d’écriture, de vos lettres de recommandation et de vos relevés de notes). Ce dossier, qui sera évalué par tous les membres du département, par chaque professeur de votre champ d’études, ou par un petit comité de professeurs (et parfois, d’étudiants diplômés) de différents champs, sert à mesurer rapidement votre potentiel comme universitaire. C’est pourquoi vous devez veiller à ce que votre demande soit lisible et concise. Les comités d’admission aux études supérieures recherchent des étudiants prometteurs sur le plan de la recherche scientifique et qui s’intéressent vivement à l’histoire. Ils ne cherchent pas nécessairement des talents de leadership ni un curriculum vitæ impressionnant. Pour accroître vos chances d’être admis, faites de la recherche universitaire le point central de votre demande.
Conseils pour la lettre de présentation et les lettres de recommandation
Outre votre relevé de notes, les éléments les plus importants de la demande sont votre lettre de présentation, les lettres de recommandation et votre échantillon d’écriture. Au Canada, ce sont les relevés de notes et les lettres de recommandation qui comptent le plus, tandis que dans les universités américaines, la lettre de présentation (statement of purpose) importe davantage.
La lettre de présentation la plus efficace est précise, bien rédigée et d’allure professionnelle; elle respecte scrupuleusement l’orthographe et la grammaire, et elle est adaptée à chaque établissement. Elle évite les généralisations philosophiques à l’emporte-pièce, les professions de foi politiques ou autres, ou les ruminations sur la nature du savoir historique et son rôle dans l’amélioration de la condition humaine. Peu importe qu’elle soit sincère ou passionnément ressentie, cette noble rhétorique devient trop facilement un cliché, surtout lorsqu’elle est présentée sous une forme nécessairement comprimée, et elle suggère un esprit immature et naïf plutôt que la profondeur souhaitée.
Il convient d’expliquer brièvement comment vous vous êtes intéressé à l’histoire et de mentionner vos objectifs de carrière à long terme. Dites comment vos lectures, vos recherches et vos travaux de premier cycle ont façonné vos intérêts particuliers et vous ont préparé à les approfondir. Évitez de parler de vos activités et réalisations parascolaires, si remarquables soient-elles, à moins qu’elles concernent directement le champ professionnel dans lequel vous espérez œuvrer.
Votre lettre de présentation devrait résumer de façon claire et directe vos intérêts de recherche et vos objectifs universitaires immédiats. Soyez aussi précis que possible quant à la période, à l’aire géographique, aux thèmes de recherche et au type d’histoire qui vous intéressent, et peut-être même au sujet de thèse que vous désirez aborder. Vous devez convaincre les personnes qui étudieront votre demande d’admission que vous êtes capable de concevoir un projet de recherche original, réaliste et correspondant à votre niveau. En même temps, il importe de ne pas paraître avoir des intérêts trop étroits. Les premières années d’études supérieures comportent surtout une formation générale plutôt que des recherches spécifiques. Par conséquent, votre lettre devrait indiquer que vous êtes prêt à acquérir une vaste gamme de connaissances historiques et de compétences de recherche plutôt que de vous borner à un seul sujet restreint.
Il est tout à fait acceptable, voire souhaitable, d’adapter votre lettre de présentation à l’établissement où vous présentez une demande. Ainsi, n’hésitez pas à mentionner certains cours particuliers, programmes interdisciplinaires ou ressources documentaires qui rendent cet établissement attrayant à vos yeux. Nombre de départements souhaitent vivement attirer des étudiants provenant de milieux divers. N’hésitez donc pas à mentionner que vous faites partie d’un groupe sous-représenté en milieu universitaire. Vous voudrez peut-être aussi mentionner les professeurs avec lesquels vous aimeriez travailler (après vous être assuré de leur présence sur le campus, si vous présentez une demande d’admission à un programme d’un an), mais évitez d’utiliser un ton excessivement démonstratif ou respectueux.
Dans votre lettre, vous pouvez aussi parler brièvement des anomalies ou des ambiguïtés que présente votre dossier, comme les mauvaises notes, les cours dont le contenu n’est pas clair d’après le titre figurant au relevé de notes, ou encore un problème de santé ou une invalidité qui a influé sur vos notes. Essayez de ne pas vous montrer défensif ou d’avoir l’air de vous excuser; donnez une explication en une phrase et poursuivez. Si votre formation de premier cycle en histoire est faible, ou si vous avez délaissé les études depuis un certain temps, vous devez démontrer que vous êtes à présent fermement engagé envers l’histoire comme discipline universitaire.
Rappelez-vous que votre demande est l’une des nombreuses que doivent lire des professeurs très occupés qui ont d’autres obligations accaparantes. Ne soyez pas trop disert et observez rigoureusement les limites quant au nombre de mots ou de lignes.
Les lettres de recommandation sont aussi extrêmement importantes, surtout au Canada, où les historiens sont moins nombreux et se connaissent souvent. Les étudiants de premier cycle ont nettement avantage à connaître leurs professeurs; la plupart d’entre eux sont ravis de voir les étudiants s’intéresser à leurs cours et aux études supérieures en histoire.
Choisissez avec beaucoup de soin les professeurs à qui vous demandez une lettre. Les lettres de recommandation universitaires sont confidentielles; vous ne devez pas demander à les voir. Si vous présentez une demande dans une université américaine, vous devrez renoncer au droit de voir la lettre, sinon, elle ne sera pas prise au sérieux. Évidemment, vous ne pouvez pas interroger la personne qui écrit la lettre pour en connaître le contenu, mais il est acceptable de demander d’avance au professeur s’il est en mesure de rédiger une lettre raisonnablement positive. Si possible, choisissez des professeurs dont les travaux universitaires peuvent être connus des personnes qui liront les lettres. (Les comités d’admission évaluent les auteurs des lettres aussi bien que l’objet de ces lettres!) La lettre la plus convaincante proviendra de la personne qui vous connaît le mieux, même si cette personne n’est qu’un auxiliaire d’enseignement. Rappelez-vous toutefois que l’opinion d’un professeur de carrière aura plus de poids que celle d’un étudiant diplômé ou d’un chargé de cours. Les chercheurs chevronnés ont enseigné et supervisé davantage d’étudiants et ont plus de recul pour évaluer votre travail. Au besoin, tentez d’ajouter aux lettres de professeurs débutants ou relativement inconnus des lettres provenant d’enseignants dont la réputation est plus établie.
Essayez d’obtenir des lettres de recommandation alors que votre professeur se souvient encore de vous et de vos travaux. Si vous désirez obtenir une lettre d’un professeur avec qui vous avez étudié il y a un an ou plus, ou qui vous a enseigné dans le cadre d’un cours magistral, rappelez-lui les travaux que vous avez effectués pendant le cours ou votre programme général de premier cycle, ainsi que vos intérêts, afin qu’il se souvienne plus précisément de vous. Plus la lettre de recommandation est précise, plus elle a de poids. Même si vous connaissez bien un professeur, vous avez intérêt à lui fournir votre lettre de présentation, votre curriculum vitæ (y compris votre moyenne cumulative et toute distinction scolaire obtenue), de même qu’une évaluation personnelle de vos objectifs et de votre aptitude à les atteindre. Ce serait aussi une bonne idée de lui remettre la copie d’un travail que vous avez effectué pendant le cours.
N’hésitez pas à demander des lettres de recommandation à vos professeurs, car la rédaction de telles lettres fait partie de leur travail. En même temps, soyez prévenant et adressez-vous à lui bien à l’avance. Assurez-vous que vos formulaires (électroniques ou imprimés) sont remplis convenablement et allouez suffisamment de temps, de préférence quatre semaines avant la date limite. À l’approche de la date limite, informez-vous pour savoir si l’université a bien reçu vos lettres. Vous devrez peut-être rappeler poliment la date d’échéance aux intéressés. Une fois que vous serez accepté, informez-en vos professeurs et remerciez-les de leur aide.
Un échantillon de vos écrits forme une autre partie importante de votre demande d’admission dans presque toutes les universités. Idéalement, vous devriez soumettre un travail dans le domaine que vous avez choisi et qui montre votre aptitude à faire des recherches basées sur des sources. Toutefois, la qualité de votre dissertation est probablement plus importante que le contenu ou la méthode. On évaluera votre texte en fonction de la qualité, de la clarté et de l’originalité de votre esprit, ainsi qu’en fonction de votre maturité, de vos aptitudes de rédacteur et de chercheur et de votre souci du détail. Une dissertation sérieuse, bien rédigée et cohérente peut contribuer à disposer favorablement le comité d’admission à votre égard. Inversement, un article superficiel, rédigé à la hâte, mal structuré et rempli de maladresses ou (pire encore) d’erreurs grammaticales et de coquilles peut sérieusement nuire à une demande par ailleurs solide.
Vous devriez accorder beaucoup de soin à la présentation de chaque partie de votre demande d’admission aux études supérieures. On a déjà vu des demandes dans lesquelles des re-lecteurs avaient encerclé ou souligné des erreurs d’orthographe ou de grammaire et mis un point d’exclamation dans la marge. De telles erreurs de détail ne sont pas nécessairement fatales en soi, surtout si le comité d’admission a décidé que le candidat était un « diamant à l’état brut », mais elles sont suffisamment nuisibles, particulièrement dans les cas limites, pour que l’on s’efforce de les éviter.
Bien entendu, il n’existe aucune recette miracle pour garantir votre admission aux études supérieures en histoire ou dans toute autre discipline. Chaque décision d’admission reflète un ensemble de facteurs et de jugements subjectifs portés par des êtres humains faillibles. Les comités d’admission doivent assortir les intérêts de l’étudiant à l’expertise du corps professoral et s’efforcer d’équilibrer le nombre d’étudiants dans un domaine donné. Ils veulent éviter que la plupart des nouveaux venus souhaitent avoir le même directeur de thèse! Même si vous avez du talent, il est peu probable que vous soyez accepté dans un programme qui ne répond pas à vos intérêts, soit parce que le spécialiste dans votre domaine est en congé ou parce que votre champ d’études ne figure tout simplement pas au programme.
Visez haut
Gardez l’esprit ouvert lorsque vous évaluez les programmes et les occasions de carrière en histoire. Si vous ne voulez pas consacrer de six à huit ans de votre vie à l’obtention un doctorat, songez à un domaine connexe. Si, par contre, vous décidez de poursuivre vos études universitaires, déterminez quels programmes d’études supérieures vous intéressent le plus et songez à présenter des demandes dans des universités prestigieuses et moins prestigieuses. Ne vous sous-estimez pas en supposant que les départements les plus connus ne vous accepteront pas ou ne vous offriront aucune aide financière. Souvent, ils acceptent plus d’étudiants et accordent plus de bourses que les établissements plus petits et moins connus. Si vous n’êtes pas accepté la première fois, vous pouvez toujours réessayer l’année suivante. Vous serez alors en concurrence avec un groupe de candidats différents et vos chances seront peut-être meilleures. Bonne chance!
