Table des matières Introduction SECTION 1 : Droits et responsabilités 1.1 Devenir auxiliaire d'enseignement 1.2 Responsabilités à titre d'employé 1.3 Les droits des auxiliaires d'enseignement SECTION 2 : En salle de classe 2.1 Avant le premier cours 2.2 Le premier cours : apprendre à connaître vos étudiants 2.3 Animer un séminaire SECTION 3 : Évaluer les étudiants et votre prestation 3.1 Évaluer la participation des étudiants dans le séminaire 3.2 Noter les essais, les travaux et les examens 3.3 Évaluation des auxiliaires d'enseignement SECTION 4 : Formation et orientation des auxiliaires d'enseignement Bibliographie Énoncé des droits de l'auxiliaire d'enseignement Remerciements

Section 2 : En salle de class

Animer un séminaire

Rôle de l'animateur du séminaire

L'un des éléments les plus importants pour assurer la réussite d'un séminaire est la touche personnelle qu'y apportera l'animateur. L'attitude de ce dernier influencera la dynamique du groupe et, par conséquent, le niveau et la qualité de la participation. Vous vous rappellerez sans doute, en puisant dans vos propres souvenirs d'étudiant du premier cycle, que les meilleurs séminaires ou groupes de discussion sont ceux dirigés par un auxiliaire d'enseignement intéressé et dynamique. En revanche, rien n'est plus désagréable ou ennuyeux qu'un animateur de séminaire qui n'arrive pas à entraîner les étudiants dans une discussion. Gardez à l'esprit que, dans bien des cas, le séminaire présente une situation nouvelle et intimidante pour les étudiants; si l'un d'entre eux arrive à trouver le courage d'exprimer une idée, il ne faut pas la rejeter du revers de la main ni la ridiculiser. Un bon animateur de séminaire suscite la confiance en étant ouvert aux idées des étudiants, tout en les incitant à aborder un thème ou un problème sous de multiples angles.

Un animateur de séminaire compétent doit jouer bon nombre de rôles. Il doit agir comme :

Préparation

Les auxiliaires d'enseignement prennent souvent la préparation des séminaires trop à la légère, surtout s'ils ont l'impression de bien connaître la matière. Il faut commencer par passer en revue la matière à aborder de façon à être prêt à répondre à toute question qui pourrait surgir. Essayez d'adapter le matériel pour répondre aux buts et intérêts des étudiants. Quelles optique et documentation seraient utiles pour mieux faire comprendre le cours ou les lectures aux étudiants? Pour assurer une discussion fructueuse, donnez aux étudiants une série de questions et de thèmes à explorer lors de leur révision de la matière et veillez à ce qu'ils fassent leurs travaux en leur donnant des évaluations surprises ou des comptes rendus de lecture à faire.

Préparer un séminaire pour répondre aux objectifs du cours

Les séminaires visent généralement à passer en revue la matière abordée pendant les cours magistraux ou à approfondir ou enrichir les lectures, voire les deux. En général, vous aurez à aborder en une séance ce que le maître de conférence aura pris deux ou trois cours à couvrir. Concentrez-vous sur les points saillants du thème, sur les grands arguments et sur des exemples percutants. Durant la même séance, vous voudrez probablement prévoir du temps pour les questions sur la matière et demander aux étudiants comment progressent leurs travaux.

De façon plus habituelle, le séminaire mise sur la discussion et les lectures connexes pour faire prendre conscience aux étudiants des thèmes et problématiques sous-jacents d'un texte en particulier. Par exemple, où se situe le texte dans l'historiographie actuelle? Que veut dire le terme historiographie? Le responsable du cours est-il d'accord avec l'auteur? L'argumentation ou les données sont-elles controversées? Il faut inciter les étudiants à réfléchir de manière critique au lieu de simplement mémoriser ou régurgiter la matière.

Structurer un séminaire ou un atelier

Les séminaires peuvent être centrés sur la discussion en groupe des cours magistraux ou des lectures, sur des présentations orales faites par les étudiants ou encore sur des discussions ou exercices en petits groupes.

Animer la discussion en groupe

Il y a différentes façons de susciter ou de s'assurer de la participation des étudiants dans un séminaire. Pour commencer, vous pouvez demander à chaque étudiant de faire ressortir un point qu'il a aimé dans ses lectures, qu'il n'a pas aimé, qui l'a rendu confus, etc. Vous pouvez aussi demander au groupe de trouver des mots ou concepts clés tirés des lectures et d'en expliquer la signification. Vous pouvez demander aux étudiants de préparer une ou deux questions inspirées du cours magistral ou des lectures. L'animateur du séminaire peut ensuite utiliser les meilleures questions ou les plus fréquentes pour lancer la discussion. S'il s'agit d'un cours d'introduction, vous pouvez aussi demander aux étudiants de noter la thèse de base du cours ou de la lecture et les inviter à expliquer au moins un fait ou un exemple utilisé par l'auteur pour illustrer son propos. Vous pouvez leur demander de construire un dossier de lectures, dans lesquels ils doivent inscrire le sujet et la thèse de l'article ainsi que les sources qui y sont citées et faire une évaluation critique de sa pertinence. En dernier lieu, le moyen le plus sûr de favoriser la participation des étudiants consiste à leur fournir deux ou trois questions à explorer pendant qu'ils lisent l'article ou assistent au cours. Dites-leur que vous pourriez leur demander de répondre à ces questions à la rencontre suivante.

Questions : l'outil le plus utile d'un animateur de séminaire

Entre les mains d'un animateur qualifié, une question peut exploiter tout le potentiel d'une expérience d'apprentissage et faire du séminaire une menace pour les étudiants tout autant que l'animateur. Il existe différents types de question :

Cibler la discussion

Pour diriger la discussion dans un séminaire, commencez par poser des questions qui appellent des réponses précises. Partez du niveau le plus élémentaire puis misez sur les connaissances des étudiants et leur compréhension de la matière. Si les étudiants commencent à faire des remarques hors contexte, reprenez un aspect de leurs propos qui vous permettra de les ramener sur le sujet. Pour éviter d'aliéner indûment les étudiants, dites-leur que vous pourrez discuter de leurs remarques après le cours ou durant vos heures de bureau. Si la discussion s'essouffle, résumez ce qui a été dit pour rappeler au groupe la matière déjà couverte.

Élargir la discussion

Si vous sentez que les étudiants maîtrisent bien les rudiments de la matière, vous pouvez élargir la discussion en posant une question connexe. Par exemple : croyez-vous que les tendances féministes de l'auteure influencent sa façon de dépeindre la justice pénale au XIXe siècle? Demandez-leur de hasarder une réponse ou encouragez-les à expliquer leur raisonnement. Un exercice de remue-méninges peut aussi constituer un moyen très efficace d'amener tous les étudiants à participer à la discussion. Afin d'éviter de diriger trop étroitement la séance, évitez autant que possible de participer à la discussion. Permettez aux étudiants d'interagir entre eux et invitez-les à le faire. Intervenez seulement quand la discussion commence à piétiner ou quand un étudiant essaie de la dominer ou de la faire dévier.

Rompre le silence

Les périodes de silence peuvent être difficiles ou dérangeantes dans un séminaire, tant pour le professeur que les auxiliaires d'enseignement et les étudiants. Toutefois, même si la tentation de rompre vous-même le silence est forte, attendez qu'un étudiant donne une réponse. Les étudiants ont besoin de temps pour réfléchir à une réponse et vous devez leur accorder du temps. Le fait de laisser du temps donne l'occasion à certains étudiants plus lents de répondre et vous permet de faire participer davantage d'étudiants. De toute façon, il est fort probable que les étudiants qui s'expriment plus souvent finiront par rompre le silence.

Exposés des étudiants

Une solution de rechange à la discussion de groupe dans un séminaire consiste à demander aux étudiants de préparer des exposés qu'ils présenteront en classe toutes les semaines sur des thèmes, sujets ou lectures déterminés. Chaque séminaire comptera un ou deux exposés, qui seront suivis d'une période de questions ou de discussion.

Discussion en petits groupes

Certains animateurs de séminaire remarquent que les étudiants sont plus prompts à participer et s'engagent davantage dans les débats si la classe est divisée en petits groupes. Vous pouvez, par exemple, demandez à chaque petit groupe de traiter de questions précises, que tout le groupe pourra examiner à la fin de la période de questions.

Résoudre les problèmes qui surgissent durant le séminaire

L'étudiant réservé

Il est facile de négliger le silence de certains étudiants quand trois ou quatre autres étudiants contribuent largement à la discussion. Convaincre un étudiant réservé de prendre la parole requiert de la patience et de la compréhension : ne forcez pas quelqu'un à parler en le mettant sur la sellette. Amenez plutôt les étudiants timides à prendre part à la discussion en demandant à chacun d'émettre un commentaire sur le texte lu, comme nous l'avons vu précédemment. Cette pratique donnera à l'étudiant timide une occasion d'exprimer ses idées dans un cadre moins intimidant. Si vous posez des questions au groupe, attendez que les étudiants lents soient prêts avant de leur demander de répondre ; ils pourraient simplement avoir besoin de davantage de temps pour réfléchir ou agir. Cherchez des indices non verbaux pour savoir quand l'étudiant timide à quelque chose à dire. Enfin, si vous formez de petits groupes, il sera plus difficile pour l'étudiant de se cacher et il sera plus facile pour lui de s'exprimer devant seulement quelques personnes.

L'étudiant dominant

Il y aura toujours un ou deux étudiants qui vont tenter de dominer la discussion. Essayez de transformer leurs remarques en un sujet de discussion pour tout le groupe. Vous pouvez souligner les remarques de ces étudiants en notant qu'elles mériteraient davantage de temps que ne l'autorise la séance et vous pouvez les inviter à en discuter après le cours ou durant vos heures de bureau. En dernier recours, parlez à l'étudiant visé et demandez-lui son aide pour solliciter des réponses chez les étudiants moins bavards. Dites-lui qu'il a apporté une contribution valable au séminaire, mais qu'il peut intimider d'autres étudiants plus réservés.

L'étudiant perturbateur

Il y a plusieurs façons d'aborder le cas d'un étudiant qui est délibérément perturbateur. Vous pouvez indiquer à tout le groupe pour dire que vous n'êtes pas impressionné par le comportement des membres de la classe. Par exemple, dites que les retards continus sont une affaire, mais que faire une entrée avec grand bruit est injuste pour les autres étudiants et interrompt votre présentation. Si vous parlez en privé aux étudiants visés, rappelez-leur qu'ils ne sont pas forcés d'assister à votre cours, ni d'apprendre, mais qu'ils ont l'obligation de ne pas nuire à l'apprentissage des autres. Évitez d'argumenter avec ces étudiants et informez le professeur du cours si la situation persiste.

Sécurité en classe

La création d'un milieu positif constitue en fin de compte le meilleur moyen d'assurer la sécurité en classe. Toutefois, peu importe le nombre de mesures de prévention que vous prenez, il se pourrait que vous rencontriez des étudiants particulièrement perturbateurs, voire des étudiants qui constituent une menace pour votre sécurité et celle de la classe. Si vous êtes aux prises avec un étudiant perturbé, au point qu'il crie en classe, il y a bien des façons de rétablir la situation. Ne commencez pas à crier vous aussi; permettez-lui de s'exprimer et écoutez-le attentivement en le regardant, en manifestant un intérêt sincère envers ce qu'il dit. Une fois qu'il aura terminé, demandez-lui des précisions. Reconnaissez ces sentiments. Imposez des limites et expliquez clairement les comportements qui sont inacceptables (par exemple : vous ne leur adresserez pas la parole tant qu'ils ne baisseront pas le ton). Il est à espérer que l'étudiant se calmera et, si sa colère a été suscitée par un élément du cours, que vous arriverez à en faire une expérience d'apprentissage dans le cadre du cours. Si la personne ne se calme tout simplement pas, vous pourriez devoir faire appel au service de sécurité du campus. Après un tel incident, il est utile de tenir une séance de débriefing avec toute la classe. Informez le titulaire du cours et le département de ce qui s'est passé. Vous pourrez vouloir suivre un atelier sur la résolution de conflit pour apprendre des techniques plus poussées; votre université en offre probablement.

Si des menaces ont été proférées à votre égard, consultez immédiatement le titulaire du cours. La suite à donner aux événements variera d'une université à l'autre, tout comme les organismes universitaires qui interviendront (comme la Faculté des études supérieures, le bureau de surveillance du comportement étudiant, etc.). Si vous n'avez pas l'impression que le département agit correctement en votre faveur, prenez les devants - communiquez avec des gens en position d'autorité et faites appel à votre syndicat pour obtenir de l'aide. Vous ne devriez jamais sentir que votre sécurité est menacée en classe. Si vous avez l'impression que l'université ne fait rien ou ne prend pas la situation au sérieux, appelez la police. Dans l'éventualité très peu probable où un étudiant apporterait une arme en classe, il est important de garder son sang-froid, sinon vous sèmerez la panique chez les autres étudiants. Bien qu'il y ait peu de conseils à prodiguer pour une telle situation, il y a tout de même une recommandation à faire. Au début du semestre, choisissez un ou deux étudiants qui accepteront de s'asseoir près de la porte à chaque séance et d'avoir avec eux le numéro de la sécurité (l'université York, par exemple, a imprimé de petites cartes contenant les numéros de téléphone pertinents). Si la sécurité physique se trouve menacée, l'étudiant choisi pourrait tenter de sortir de la classe et appeler les secours. Cependant, il est important de ne pas oublier que même si une telle situation peut se produire dans une grande salle de classe, elle est peu probable dans une petite salle de séminaire. Encore une fois, renseignez-vous pour savoir si votre université offre des ateliers sur la sécurité en classe, sinon proposez-lui de le faire.

Comment réagir à LA question?

Peu importe à quel point vous êtes préparé, il y aura toujours des questions auxquelles vous ne saurez répondre. Profitez-en pour les tourner en occasion d'apprentissage mutuel. Vous pouvez rediriger la question vers un étudiant ou demandez à la classe d'en discuter. Si personne ne trouve de réponse, demandez à la personne qui a posé la question de trouver une réponse pour la semaine suivante. Vous pouvez aussi simplement dire que vous n'avez pas de réponse pour l'instant, mais que vous y reviendrez au prochain cours. Peu importe l'approche choisie, vous maintiendrez l'intérêt de la classe et, surtout, votre crédibilité.

Que faire si vous épuisez tout votre matériel avant la fin du cours?

Que faire si votre cours magistral ou la discussion se termine tôt? La solution la plus simple consiste à récapituler les principaux points de la séance et à présenter les grandes lignes de la prochaine leçon. Vous pouvez aussi demander aux étudiants s'ils ont des questions au sujet des lectures, de l'examen ou des travaux écrits. S'il n'y a pas de réponse, laissez entendre à vos étudiants que vous avez préparé un petit questionnaire pour évaluer leur progrès jusqu'à maintenant. Au pire, laissez les étudiants partir plus tôt; ils seront contents d'avoir du temps libre. Cependant, n'en faites pas une habitude.

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ISBN: 978-0-88798-272-9

© 1992, deuxième édition 2002, troisième édition 2009, Comité des étudiant(e)s diplômé(e)s de la Société historique du Canada – Graduate Students’ Committee of the Canadian Historical Association